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Agrandir sa maison : extension en Broye
Une pièce en plus plutôt qu'un déménagement. Voici ce que le maçon fait dans un agrandissement, ce que les deux cantons demandent, et ce que ça coûte.
Le vrai point de départ : il manque une pièce
Un troisième enfant. Un bureau qui ne peut plus rester dans la chambre. Des parents qui vieillissent et qu'on aimerait loger au rez. Personne ne cherche « une extension » : on cherche une pièce en plus, dans la maison qu'on a déjà, sans repartir de zéro ailleurs.
Dans la Broye, ce calcul se fait souvent au bon moment. Les villas des années 70 et 80 de Payerne, de Lucens ou de Belmont-Broye ont en général du terrain autour, ce qui est la première condition. Les fermes reprises entre Moudon et Avenches ont, elles, du volume à récupérer plutôt que du terrain à occuper. Ce ne sont pas les mêmes chantiers.
Trois façons d'agrandir, trois métiers différents
L'extension maçonnée de plain-pied
On construit à côté, contre la façade existante : fondations neuves, murs, dalle, toiture. C'est la voie la plus courante et celle où le maçon fait le gros du travail. Elle demande du terrain disponible et le respect des distances aux limites.
La véranda maçonnée
La partie vitrée est posée par un autre corps de métier, mais elle repose sur un ouvrage de maçonnerie : fondation hors gel, soubassement, dalle isolée. C'est la partie qu'on ne verra plus et qui décide de tout.
La surélévation
Ajouter un niveau ou aménager sous le toit. Là, on ne commence pas par le maçon : on commence par un architecte et un ingénieur, parce que la question est de savoir si les murs et les fondations existants encaissent une charge de plus. Le maçon intervient ensuite, sur des plans signés.
Ce que le maçon fait réellement dans une extension
Une extension, c'est une petite maison collée à une grande. Le mot « petite » est la seule partie facile.
- Le terrassement et l'évacuation de la terre du côté où l'on construit.
- Les fondations neuves, descendues sous la limite du gel et adaptées au sol trouvé sur place.
- Les murs montés en brique, en bloc ou coulés, avec les réservations pour les fenêtres et les gaines.
- La dalle du sol, isolée, et celle du plafond si l'extension en porte une.
- L'ouverture dans la façade existante, qui relie l'ancien et le neuf et qui est presque toujours une ouverture dans un mur porteur.
Le raccord : l'endroit où les ennuis arrivent
Une maison de trente ans a fini de bouger. Une extension neuve, non : son béton sèche, son sol se tasse un peu. Si on colle les deux rigidement, la fissure apparaît pile à la jonction, à hauteur d'homme, sur la façade que vous voyez tous les jours.
C'est pour ça qu'un bon devis parle d'un joint entre les deux corps de bâtiment, du niveau de la nouvelle dalle par rapport à l'ancienne, et de la façon dont l'eau de pluie est reprise au raccord de toiture. Trois lignes qui ne coûtent presque rien à prévoir et très cher à rattraper. Le sujet est proche de celui des fissures en rénovation.
Il y a un quatrième point, moins visible encore : la continuité de l'isolation. À l'endroit où le mur neuf rejoint le mur ancien, le froid trouve volontiers un passage. C'est là qu'apparaissent, deux hivers plus tard, la trace noire dans l'angle et l'odeur d'humidité. Le maçon prépare le support, mais la question se décide sur les plans, avec l'architecte, avant que le premier bloc soit posé.
Permis : agrandir n'est jamais dispensé
C'est la question qui revient le plus, et la réponse est courte. Voici ce que disent les deux règlements, lus dans leur version en vigueur.
Canton de Vaud
Le RLATC pose que tout projet de construction doit être soumis à la commune, qui décide s'il faut une autorisation. Les agrandissements de minime importance d'un bâtiment existant peuvent être dispensés de l'enquête publique — mais le même règlement précise que ces objets restent soumis au permis de construire. Il ajoute qu'ils sont élaborés par des architectes, ou par des ingénieurs pour les plans de leur spécialité.
RLATC (700.11.1), art. 68a, 72d al. 3 et 4, version dès le 01.08.2023
Canton de Fribourg
Le ReLATeC est explicite : la construction de nouveaux bâtiments, les reconstructions, les agrandissements et les surélévations sont soumis au permis de construire selon la procédure ordinaire. La demande se dépose auprès de la commune, par l'application cantonale de gestion des permis, et aussi sur papier.
ReLATeC (RSF 710.11), art. 84 al. 1 let. a et art. 89, version dès le 01.01.2024
Deux précisions valables des deux côtés de la frontière cantonale. Si votre bâtiment est inscrit à l'inventaire ou situé dans une région archéologique — le cas d'une partie d'Avenches — le dossier part en plus au service des monuments et des sites. Et à Fribourg, la proximité d'un lac, d'un cours d'eau ou de la forêt fait remonter d'un cran la procédure : autour d'Estavayer-le-Lac et de Cheyres-Châbles, cela se vérifie avant de dessiner.
L'ordre des opérations, du premier croquis au premier mur
1. Vérifier ce que la parcelle autorise
Distances aux limites, surface constructible, hauteur : ce sont les règles communales qui fixent le cadre. Un appel au service technique de la commune avant de faire dessiner évite des plans à refaire.
2. Faire établir les plans
L'architecte pose l'extension sur la parcelle et signe le dossier. L'ingénieur intervient dès qu'on touche à la structure existante.
3. Déposer la demande de permis
Dossier à la commune, préavis des services concernés, enquête publique quand elle est exigée. C'est la phase la plus longue, et elle ne dépend pas du maçon.
4. Le gros œuvre
Terrassement, fondations, murs, dalle, ouverture dans la façade. C'est la partie que couvre notre réseau, détaillée sur la page construction et gros œuvre.
5. Le second œuvre
Fenêtres, isolation, chauffage, finitions. Une fois la structure hors d'eau, les autres corps de métier prennent le relais.
Ce que coûte un agrandissement
Deux repères, et ils ne mesurent pas la même chose. Le gros œuvre — la part du maçon — se situe entre 2'500 et 5'500 CHF/m² habitable. Le coût complet d'une extension, tous corps de métier confondus, est plus élevé : selon le guide « Extension de maison en Suisse romande » publié par Parcelle et mis à jour le 4 mai 2026, il va de 2'800 à 3'400 CHF/m² en variante économique, de 3'400 à 4'200 CHF/m² en standard courant et de 4'200 à 5'800 CHF/m² en haut de gamme, honoraires et émoluments en plus.
| Poste | Prix indicatif |
|---|---|
| Gros œuvre de l'extension (part maçonnerie) | 2'500 – 5'500 CHF/m² habitable |
| Dalle béton de l'extension | 15 – 100 CHF/m² |
| Soubassement de véranda | Sur devis, selon fondation et surface |
Fourchettes indicatives 2026. Le détail des postes est expliqué sur la page prix de la maçonnerie.
Cinq questions à régler avant de dessiner
- De quel côté construire, en tenant compte du soleil et des distances aux limites ?
- Le sol de ce côté-là a-t-il déjà été creusé, remblayé, ou traversé par une canalisation ?
- Le mur qu'on va ouvrir est-il porteur, et sur quelle largeur ?
- Où passe l'eau de pluie une fois l'extension posée ?
- Le bâtiment est-il inscrit à l'inventaire, ou dans un secteur protégé de la commune ?
Comment on démarre ensemble
Décrivez en quelques lignes la surface souhaitée, le côté de la maison et l'année de construction. La demande part le jour même vers une entreprise partenaire de votre secteur de la Broye. Elle vous rappelle, passe voir, et chiffre la part gros œuvre. Premier retour en général sous 48 h, sans engagement.
Pour aller plus loin : la page maçon à Belmont-Broye pour la Broye fribourgeoise, et le blog pour les articles de chantier.
Agrandissement : vos questions
Oui. Dans le canton de Fribourg, le règlement ReLATeC range explicitement les agrandissements et les surélévations dans la procédure ordinaire, à son article 84 alinéa 1 lettre a. Dans le canton de Vaud, le RLATC prévoit que tout projet de construction doit être soumis à la commune ; les agrandissements de minime importance peuvent être dispensés d'enquête publique, mais le règlement précise que ces objets restent soumis au permis de construire.
Selon le guide Extension de maison en Suisse romande publié par Parcelle et mis à jour le 4 mai 2026, le coût des travaux va de 2'800 à 3'400 CHF/m² en variante économique, de 3'400 à 4'200 CHF/m² en standard courant et de 4'200 à 5'800 CHF/m² en haut de gamme, honoraires et émoluments en plus. La part de maçonnerie, elle, correspond au gros œuvre : 2'500 à 5'500 CHF/m² habitable.
Pour une extension qui touche la structure, non. Le règlement vaudois prévoit que les objets dispensés d'enquête publique sont élaborés par des architectes, ou par des ingénieurs pour les plans relevant de leur spécialité. Un maçon partenaire exécute l'ouvrage, il ne remplace pas la signature qui engage la conception.
Presque toujours. La structure vitrée repose sur un soubassement : fondation hors gel, muret bas, dalle isolée. C'est cette partie-là, invisible une fois la véranda posée, qui décide si l'ensemble reste droit et sec. Une véranda montée sur une dalle trop mince fissure au premier hiver.
Le gros œuvre d'une extension de plain-pied se compte en semaines : terrassement, fondations, murs, dalle. Ce qui allonge vraiment le calendrier, c'est la partie avant travaux — plans, dossier communal, mise à l'enquête. Prévoyez plusieurs mois entre la première idée et le premier coup de pelle.
Souvent oui, mais la réponse dépend du recensement architectural du bâtiment et du règlement communal. Le règlement vaudois impose de consulter le service en charge des monuments et des sites lorsque le bâtiment est inscrit à l'inventaire ou présente un intérêt local. C'est la première chose à vérifier, avant même de parler dimensions.
Une pièce en plus, plutôt qu'un déménagement ?
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